Les réponses de Bastien de L’Hermite

Jurez de dire la vérité toute le vérité rien que la vérité autant que vous le pouvez. Levez la main droite et dites : je le jure.

Je le jure.

Doit on connaitre le mensonge pour dire la vérité?

Oui, il faut souvent connaître le sujet de sa résistance pour résister.

Est-il préférable de la connaitre, la vérité?

La vérité est surévaluée : elle se borne, à mon sens, aux faits incontestables. Notre nature est subjective, notre « vérité » également.

Votre mémoire est-elle à vous?

Elle est à moi sauf si je décide de la partager. Elle est constitutive de mes choix.

L’amour est-il le contraire de la haine?

Les deux peuvent parfois se confondre. On hait comme on aime : plus que des opposés, se sont des parallèles, de par leur nature obsessionnelle et par la focalisation sur autrui qu’elle génère. Le fantasme aussi. Il faut arriver à dépasser la volonté de posséder autrui.

La liberté existe t-elle?

On ne devient libre lorsque l’on connait les causes qui nous déterminent, que l’on connait sa marge de manœuvre et que l’on se fixe un idéal atteignable. Beaucoup se perdent dans de fausses marginalités, de fausses contres-cultures…

Êtes-vous libre?

Patience, j’apprivoise ma liberté. Vous allez l’effrayer.

Le destin des pauvres se joue t-il autrement que le destin des riches?

On ne naît pas tous égaux face au déterminisme social, familial également, mais nous sommes tous égaux face au malheur, et au bonheur aussi.

Pensez-vous que nous avons chacun, un destin?

Je pense que chacun écrit son destin, même si tout le monde ne part pas avec les mêmes handicaps. Je le pense profondément.

La magie est-elle une illusion?

Cela dépend ce que l’on prend pour magique. Mais bon il vaut mieux éviter le bovarysme… Je préfère que l’on dise ouvertement quand quelque chose est une illusion, c’est finalement plus rassurant que décevant, même si je déplore un peu la mort du sacré…

Sommes nous profonds?

A l’échelle humaine, il est difficile de l’évaluer, nous n’avons pas la hauteur d’en juger. Tant mieux d’une certaine manière, mais j’ose croire que nous sommes au moins intéressants.

Le soleil est-il au fond de l’univers?

Je ne crois pas, il n’est que le centre de notre voie lactée. L’univers est bien plus vaste, il ne connait ni début ni fin.

Les idées sont-elles des étoiles?

Je dirais plutôt que les idées sont la trainée des comètes, ou le fruit d’un choc entre météores.

D’où vient le désir?

Mes désirs fugaces sont déclenchés par la suggestion ; mes désirs profonds par la complicité.

La jouissance est-elle dangereuse?

Si elle est au dépend d’autrui, oui. Sinon, en aucun cas.

On ne trouve jamais l’autre que dans soi-même?

Autrui nous renseigne sur nous-même, nous révèle parfois. Je dirai que l’on trouve l’autre « à travers » soi, mais qu’il faut savoir qui on est pour accéder réellement à lui et s’intéresser profondément à qui il est.

Ou on ne se trouve soi-même que dans l’autre?

Je crois que l’on ne peut véritablement trouver son identité que seul, mais on ne peut la mettre à l’épreuve qu’avec les autres. Vivre pour faire uniquement plaisir aux autres, c’est passer à côté de soi et s’attirer aussi le désintérêt des autres.

Qui aime qu’on lui apporte ce qu’il attend?

Être humain, est-ce possible?

Nous sommes humain, trop humains. Mais aussi des animaux, il faut accepter nos limites.

Une vie peut-elle transformer le monde?

Par effet papillon, oui.

La mort est-elle l’ennemie de la vie?

Son contraire?

Sans la mort, la vie n’aurait ni valeur, ni saveur.

Un mal peut-il être délicieux?

Es-tu un homme bon (une femme bonne)?

Je suis un juge sévère avec moi-même, j’essaie modestement de devenir meilleur, et je me laisse le droit de planter parfois… J’essaie d’apprendre de mes erreurs.

Penses-tu qu’on s’arrange avec le mal?

Totalement ! On a dû mal justement, nous humains, à accepter l’erreur, on préfère l’effacer, la nier, la refouler, la parer d’un voile rassurant. On a une telle haine sociale de l’erreur, sans hiérarchisation…

L’univers est-il un chaos ou quelque chose de soigneusement ordonné?

L’univers est cet oxymore du chaos systémique.

Comment aimerais-tu en finir?

Je ne veux pas en finir, je voudrais des jours de 48h, vivre deux siècles ! La fin n’est pas planifiée, l’urgence du présent est plus importante.

Ton plus beau souvenir d’extase?

Il est difficile de départager ici, cela pourrait autant être lorsque j’ai vu pour la première fois le film Ghost in the Shell à l’âge de 10 ans, tout comme ces moments d’oubli dans les bras d’un être aimé et aimant.

De quelle couleur est la lumière?

Elle est d’un blanc aveuglant, fusion de toutes les couleurs additionnées entre elles, saturant notre vue.

Une contribution de Bastien de L’Hermite.

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