Les réponses d’Arturo Desimone

Jurez de dire la vérité toute le vérité rien que la vérité autant que vous le pouvez. Levez la main droite et dites : je le jure.

Doit on connaitre le mensonge pour dire la vérité?

La réponse appartient à l’émissaire du roi ou du vizir joueur de trompette de la réalpolitik – ou bien à la stratégie de l’information avec quelque chose de temporaire et de relatif pour les politiciens.

La vérité est liée à l’Art, la vérité vient après tous les bruits. C’est le fruit d’un arbre qui lève ses branches vers la bouche de l’empereur qui le gagne avec ses lèvres fatiguées et sa langue desséchée.

Est-il préférable de la connaitre, la vérité?

Pour celui qui ne se sent pas concerné par la vérité, il sera trop tard. Comme dans mon judaïsme secret où il n’y a pas de convertis.

Votre mémoire est-elle à vous?

Peut-être la mémoire est-elle un mouvement, une direction vers laquelle on peut voyager, ce n’est pas nécessairement ma propriété, seulement des souvenirs. Elle devient à moi quand j’use de mes souvenirs pour l’Art.

L’amour est-il le contraire de la haine?

Non. Peut être qu’il y a différentes sortes de haine. La haine comme un grief stagnant. La haine c’est quand on a pas fait le deuil de la haine. Il n’y a pas de deuil quand on a pas été aimé dans le lugubre, le froid, l’indifférence. La pire et la plus commune des agressions, l’indifférence. Sans amour le deuil est impossible.

La liberté existe t-elle?

Oui la liberté existe! L’oppression et le manque de liberté existent aussi.

Êtes-vous libre?

J’essaie de me passionner pour la liberté. Peut-être ne suis-je que l’ombre de la volonté d’un lobby dans un hôtel sur un ordinateur à Tucumán…

Le destin des pauvres se joue t-il autrement que le destin des riches?

Peut-être que la mort d’un riche est différente de la mort d’un pauvre…

Les pauvres pourraient prendre distance avec l’aliénation et ceci malgré le risque de la misère. L’aliénation c’est quand les pauvres prennent part à la nouvelle eucharistie des rêves capitalistes. Il y a parmi les riches cet ancienne espérance que les objets, le monde matériel, pourraient persister dans l’au-delà. Les Égyptiens continuent à enterrer les morts avec des petites poupées appelées ushabti.

Les américains riches et  rêveurs veulent croire à cela en secret.

Pensez-vous que nous avons chacun, un destin?

Oui. Les destins ne sont pas des rendez-vous sans conflits et sans passions. Je ne veux pas croire à la vision protestante de ce mythe dit important et Vrai. Dans la vision protestante, les destins ne se touchent jamais. Les mythes protestants décrivent les destins comme strictement liés mais un peu comme des rayons, les racines métallurgiques de mauvaises herbes qui se propageraient vers un extérieur grâce à un travail acharné, les injonctions du profit mais cela sans jamais se toucher – je n’y crois pas et je suis donc en conflit avec ces pensées occidentales et orientales.

Le style, est ce « in vivo » ou « in ovo »?

L’engourdissement est recherché comme un souvenir de vie fœtale – revenir dans le ventre, in ovo.

D’autre part, je pense que le bon goût est hérité in ovo et qu’il est appris in vivo ;nature et culture

La magie est-elle une illusion?

Non. Je crois en la magie et sans cette croyance en elle, je ne pourrais pas vivre.

Sommes-nous profonds?

Oui, nous, les animaux humains, nous sommes profonds et sans cette compréhension véritable, la littérature serait impossible.

Le soleil est-il au fond de l’univers?

Non, il y a un poisson colossale qui nage à l’intérieur sans pouvoir changer de place.

Les idées sont-elles des étoiles?

Les idées ne viennent pas des étoiles, les bonnes idées sont des étoiles par imitation. On a longtemps cru que les dieux devenaient des étoiles, depuis, les idées ont gardé cette origine céleste. Le monde sans religions, sans mysticismes, le monde post-idéologique est donc un monde sans étoiles dans le ciel excepté le soleil qui est toujours le plus grand et formidable des oppresseurs.

D’où vient ton désir?

De l’invisible, de dieu, du vin, d’une musique qui a pu exister avant nous.

La jouissance est-elle dangereuse?

Oui, comme l’amour mais la répétition pour la jouissance peut nous rendre conscient du danger. La jouissance sans une limite politique ou sexuelle est dangereuse psychologiquement. Elle est dangereuse pour l’âme même si elle peut servir de révélateur.

On ne trouve jamais l’autre que dans soi-même?

Non, ça c’est un mythe pour les névrotiques. On trouve une plus belle solitude dans l’autre mais pas dans tous les autres.

Ou on ne se trouve soi-même que dans l’autre?

On se trouve soi-même dans la souffrance mais on se trouve aussi dans les autres, dans la longue nuit de l’âme. On ne se trouve soi-même que dans l’amour, dans la survivance, dans le plaisir le plus extrême et comme les Coptes d’un monastère, dans les régions moins habitées que l’on peut visiter avec une jeep ou un guide du désert Ecotours. Pour trouver un désert, il est nécessaire d’aller en  Égypte ou au Moyen-Orient ou en  Sibérie – le désert y est plus proche et accessible. On n’y  trouve pas seulement des  projections mais aussi des histoires, des questions…

Être humain, est-ce possible?

Je crois en l’être humain animal, je crois dans les forces de l’Amour.

Une vie peut-elle transformer le monde?

Oui. Une vie individuelle ainsi qu’une mort individuelle peut avec sa fibrillation, bouleverser ou transformer le monde, le rendre meilleur ou le ruiner, le rendre plus ou moins harmonieux.

La mort est-elle l’ennemie de la vie?

Non. La mort fait partie de la vie, la mort est toujours présente. On ne peut pas se dévouer à la vie sans penser à une consolation dans la mort. On commence à vivre quand les chérubins qui entourent la mort s’éloignent à notre vue.

Son contraire?

L’opposé de la vie est nimbification – l’euphorie dans l´absence.

Un mal peut-il être délicieux?

Oui. Pensez à cela : l’ étymologie du mot diable en anglais vient d’un terme ancien qui veut dire « passer les bords ». Bien sûre qu’un mal peut être délicieux.

Es-tu un homme bon (une femme bonne)?

La sainteté est une forme de paralysie. Les hagiographies sont un tissu de mensonge, une littérature paralysée.

Penses-tu qu’on s’arrange avec le mal?

Je suis pragmatiquement et en ce moment même Zoroastrien ou Manichéen.

L’univers est-il un chaos ou quelque chose de soigneusement ordonné?

Je crois que l’univers est bienveillant : il y a eu associés dans une même montée, le désordre, l’enfer, l’opacité à l’ordre qui est au contraire, transparence.

Comment aimerais-tu en finir?

Cela suppose devoir trouver un lieu de solitude où mourir et ainsi gagner sa mort – mon ambition quotidienne : mériter ma Mort.

Ton plus beau souvenir d’extase?

Après l’amour, pas à pas sur le toit du train à vapeur en  gare de Tunis, sortant de Carthage où Salambo mon amour, m’attendait à nouveau…

De quelle couleur est la lumière?

The color of some historically marketed derivatives of enlightenment is  gray, that grays the soul and grays out god and out sex.

Une contribution de Arturo Desimone.

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